lundi 6 juillet 2009

VALÉRIE VALERE, OBSESSION BLANCHE.

« Silence... Silence obsédant dont l’éclat jaillit dans l’ombre de la nuit comme une seconde accusation. Blanc, couleur morose qui ne dit que l’absence, qui ne dit que l’attente et ne parle que d’oubli. Mémoire infidèle dont les doigts tâtonnent sur l’horizon immense d’un univers désormais insaisissable sans jamais en retrouver le chemin. »

« Le bruit régulier du tic-tac emprisonne son esprit. Il voudrait ne plus avoir à réfléchir, ne plus avoir à crier dans le silence de son angoisse, ne plus sentir la présence méfiante et farouche de ces feuilles qui toujours attendent quelque chose de plus grand. Il aimerait ne plus vivre ou vivre dans une sorte de néant qu’aucune voix ni aucun regard ne pourrait atteindre, vivre dans une mort prématurée qui lui livrerait le mystère de sa profondeur tout en le libérant de sa prison d’oubli. »

« Peut-être s’est-il égaré dans le labyrinthe d’une nuit à force de chercher en vain la seconde partie de lui-même. »

« Rues désertes, odeur étrange de la nuit, impression d’oubli qu’apportent les errances sans voyage. Ils ne parlent pas. Ils s’observent furtivement de temps à autre comme pour s’assurer de leur présence, liés par un accord tacite lancé dans leur silence. Gene sourit à l’enfant qu’il vient de retrouver. Un enfant qui s’était perdu et qu’un homme attentionné à adopté. Il s’occupe de lui, s’inquiète de lui et l’emmène loin de sa douleur... Il se complaît dans cette sensation grisant puis essaie brusquement de se révolter : "Tu deviens vulnérable, fragile..." »

« Il se laisse aller dans ses bras, réconforté par cette chaleur, enivré par cette tendresse. Une main se colle sur sa taille, un sourire lui parle, un regard l’écoute. Il donnerait n’importe quel mot pour que ce moment dure toute une vie. »

« L’eau lui gifle le corps. Rageusement, il frotte sa peau au gant de crin comme pour faire partir les traces du contact physique. Méthodiquement, énergiquement, il frotte, n’arrête plus de frotter mais les plaies provoquées par les caresses deviennent sans cesse plus douloureuses. Elles s’élargissent, s’agrandissent, s’étalent, son corps n’est plus qu’une immense blessure envahie de pus et de sang. Il sent encore les mains prestes de l’homme sur sa peau, il voudrait les chasser, les écraser et les détruire mais elles se sont blotties sous son derme et courent en tous sens ainsi qu’une fourmilière grouillante, insectes de sa mort qui peu à peu le rongent... Il tourne le robinet bleu, un jet d’eau glacée le suffoque mais qu’importe, il lui faut anéantir ce souvenir. De plus en plus furieux, il recommence à frotter en partant des pieds et en remontant jusqu’aux épaules. Il tremble tout en s’acharnant à se meurtrir davantage, pas un millimètre carré de sa peau ne lui échappe mais l’image de son corps imbriqué dans celui de l’homme est toujours là, devant ses yeux... Et il n’y a plus que cette image, cette unique image. Elle est partout ; sur le rebord du lavabo, sur la surface beige du gant de crin, sur l’émail de la baignoire, dans les gouttes d’eau coulant sur sa peau... Cette image, sur le plastique rouge du robinet... D’un geste nerveux, il le tourne et aussitôt un jet bouillant le frappe en plein visage, milliers d’aiguilles qui le défigurent... »

mercredi 1 juillet 2009

"JE SURVEILLE LES PANNEAUX BLANCS POUR VOIR SI MAMAN VIENT S’ACHETER UN CHAPEAU."


Samedi 13 juin, 7h du mat’, tente et sacs sur les épaules, départ pour un week-end de péripéties diverses, direction le festival Skabazac dans l’Aveyron.

En quelques mots-clefs :

Temps caniculaire, champs déserts, mouches, B. Molko qui traverse la scène, verre souvenir, Greg Antoine et Mika, soleil de plomb, the Kebab of Destiny (épisode II), mecs complètement bourrés, Patrice tu gères, Juliette Lewis je t’aime, Ghinzu 1000 fois mieux qu’à La Musicale, musique de Skins et sprint, Suicidal Tendencies ta gueule, ciel étoilé, affiches décollées, autostop.



Ghinzu

Blow
Cold Love
Mirror Mirror
Dream Maker
Take It Easy
The Dragster Wave
21st Century Crooners
Do You Read Me
Chocolate Tube
Kill the Surfers



[ photos Juliette Lewis ]

[ photos Ghinzu ]

mardi 23 juin 2009

HE'S JUST NOT THAT INTO YOU.


"Why do women do this? Build up this stuff in their minds, take each little thing a guy does, and then twist it into something else?"

mercredi 10 juin 2009

"PRENDRE UN GROS CON PAR LA MAIN."


Jeudi dernier, Didier Super à Avignon, et c’était juste la classe, déjà parce qu’arriver à la billetterie et annoncer « j’ai une accréditation pour Stéphanie T., pour Live in Marseille », et recevoir la petite invitation en échange, ça faisait des années que j’en rêvais.

C’était dans un tout petit théâtre du centre-ville, le genre de truc pour 100 personnes, avec du velours rouge sur les strapontins. Bout du premier rang pour moi, photos obligent, un journaliste à mes côtés.

Pour la première partie, un belge nommé Daniel Hélin : chanson théâtrale, réalisme poétique, humour corrosif et bonne humeur à foison. Un genre de préparation en pointillé pour ce qui va suivre, suffisant pour chauffer les zygomatiques. Et une mention spéciale pour le riff de Nirvana.

La majorité de la salle a ensuite profité de l’entracte pour sortir prendre l’air ou se retrouver au bar, alors qu’avec les cinq ou six personnes encore assises autour de moi, nous assistions aux préparatifs de la scène et aux vas-et-viens non pas de Didier Super, mais bien d’Olivier et de son t-shirt du Brise-Glace.

Et après. Ben après, justement, ça ne se raconte pas. Un spectacle de Didier Super, c’est du tout et du n’importe quoi, surtout du n’importe quoi. Un mélange de blagues préparées et d’improvisation avec le public, au point qu’on n’en distingue parfois pas l’une de l’autre. Le tout porté par des chansons qui vont plus loin les unes que les autres, et nous montrent parfaitement l’absence totale de limite sans qui Didier Super ne serait plus le même. Plus d’une heure et demi à flipper que son regard s’arrête sur soi et décèle un petit quelque chose à dévoiler au reste de la salle. Mais surtout, plus d’une heure et demi de fous rires en tous genres.

Une heure et demi, sans compter le rappel, totalement et délicieusement désorganisé : un jeté de clopes généreux du public, Didier nous invitant à le suivre dans le jardin du théâtre, et les prémices d’une comédie musicale sur les coups de minuit, sans pitié pour les voisins tout proches.


[ photos ]

jeudi 21 mai 2009

"YOU PUCKER UP OUR PASSION SPENT..."


La Musicale de Canal+ au Bikini, ou comment je me suis fait chier devant Placebo.
A Song To Say Goodbye, qu’il chantait, alors que juste en face, me passaient en tête toutes ses images de ma jeunesse, ces temps où ils comptaient, et ce qu’ils me faisaient ressentir à l’époque.

Mais reprenons du début.

Et le début, c’est lundi 11, la mise en vente des places, quelques jours seulement après l’annonce de l’évènement. Du rapide, quoi. Ghinzu et Placebo le même soir, dans une salle que j’aime, à 2h de chez moi, je saute sur l’occasion. J’avoue, j’avais beaucoup d’appréhensions quant à Placebo, le renouveau du groupe ne m’enchantant guère, et c’est Ghinzu qui m’a avant tout convaincu de faire le déplacement.

Dimanche matin, donc, train pour Toulouse. Grand soleil à mon arrivée, le chemin à métro puis celui à pieds dans Ramonville que je commence à bien connaître, et les alentours du Bikini... Déserts. Alors que j’imaginais les fans de Placebo campant là dès les premières heures du jour, les assimilant presque à certains campeurs déjà croisés dans le coin. Il faut croire que les fans Indochinois demeurent encore un peu un cas à part.

Les balances de Placebo, peu avant midi, et les répétitions de Battle For The Sun qui s’enchainent et qui esquissent malgré tout un petit sourire aux coins de mes lèvres ; la voix de Brian Molko restera toujours unique. L’arrivée de mes belges juste après ; le grand bus noir qui s’avance dans le parking, Maman qui tape le code du portail, ses chaussures vertes, et Greg tong aux pieds.

Et puis les heures qui filent, entre un sandwich englouti en vitesse, les têtes connues toulousaines qui débarquent, les coups d’œil à travers les vitres vers Ghinzu & Co en plein repas, les connaissances qui se tissent, les excursions à l’arrière de la salle, un Greg qui prend le soleil, une expédition toilettes qui nous mène vers les bateaux en réparation, et une autre vers divers buissons et bâtiments déserts. Des Schtroumpfs grignotés, trop d’Indochine à quelques mètres de nous, quelques airs de Ghinzu échappés de mon portable, les cartes qui font leur sortie, et plusieurs parties qui me verront Présidente. L’arrivée de Jeff, les discussions musicales, le jeune Steve qui passe à quelques mètres de nous, capuche sur la tête et mèche blonde qui dépasse, et puis Milie qui me rejoint.

Plusieurs fois, on nous annonce l’ouverture des portes pour 18h, ainsi que l’interdiction formelle de tout appareil photo. 18h passées de quelques courtes minutes, la barrière s’ouvre, fouille au corps et inspection minutieuse du sac, appareil non détecté qui passe, mais qui restera pourtant à mes pieds toute la soirée. Les doubles portes noires, le Bikini pour la troisième fois, et hop, mes mains sur la barrière, à gauche.

19h. The Jim Jones Revue. Et ça démarre fort. Les anglais sont déchainés dès les premières secondes, les instruments crachent leurs notes et électrisent la salle. Énormément d’énergie, groupe décalé et ambiance rétro originale, tant dans le son que dans le visuel. Look soigné au détail près, je remarque un scorpion dans la boucle de ceinture de Jim Jones. Le même qui, au milieu du set, nous invite à nous dévêtir ; manque de réaction dans le public, un peu pris au dépourvu. Je sautille sur place, ne voyant pas le temps passer malgré la forte attente des suivants. Coup de cœur pour le bassiste, et pour le clavier totalement déjanté. Bref, à revoir.

19h30, ils sortent de scène, et mes têtes connues s’affairent entre les néons, les amplis, les instruments et les tonnes de câbles, sans oublier les indispensables bières déposées par Maman. Je trépigne d’impatience. Et puis 20h approchent...

Ghinzu. Larmes aux yeux rien que de les voir arriver. Tout juste plus d’un mois que je les ai quitté, mais c’est dingue comme ils me manquaient, et l’effet que ça me fait de les retrouver. Sur scène, pour la première fois, Jean et Antoine ont également revêtu le costume noir symbolique du groupe. Mother Allegra ouvre le set, et comme à chaque fois je plonge à la première note. Des problèmes de son me froissent pourtant les oreilles, John en semble perturbé et se trompe magistralement dans les paroles. Le public me semble peu réceptif et l’ambiance générale un peu froide le temps des premiers morceaux. Je me sens un peu perdue au premier rang, seule à chanter, crier, sauter. Greg me fixe fredonner les paroles, un peu étonné. Mais les soucis techniques sont bien vite affaire classée, et après Cold Love mise de côté, Take It Easy prend ses droits, peu à peu le ton monte sur scène, et le public suit. Une fois de plus je n’arrive pas à retenir les larmes sur The Dragster Wave, émotions mêlées ce soir. Do You Read Me achève de convaincre les derniers réticents et les plus calmes, la salle s’enflamme et restera chauffée à bloc pour les morceaux suivants, dont un Chocolate Tube inconnu mais électrisant. Je suis fière d’eux, à ce moment-là. Même si dans l’ensemble, je les ai trouvés plutôt calmes et raisonnables, ne pouvant et n’osant sans doute pas se lâcher autant que face à leur public. Notons tout de même l’aventure de Greg sur les bords de la scène, envahis des divers câbles électriques, manquant de plonger vers nous, pendant que Kill the Surfers me ramène à Marseille. Et les belges nous quittent sur mes souvenirs.

Les setlists trempées et chiffonnées sont distribuées au hasard des premiers rangs, je me démène alors avec les roadies anglais pour récupérer la dernière, aidée du vigile en face de moi. C’est finalement Maman qui arrive et la détache avec soin, avant de me la tendre dans un sourire.

Longue attente avant les derniers de la soirée, on discute avec nos voisins, et les très sympathiques vigiles comme on n’en voit que trop rarement ; anecdotes de concerts, souvenirs positifs ou négatifs sur tel ou tel artiste, et divers avis sur les groupes de la soirée. Pendant ce temps, le décor a changé, et le micro Molkien se dresse à un mètre de moi.

21h15, le noir se fait, excitant la salle qui pour la grande majorité n’attendait que Placebo depuis le début. J’aperçois rapidement le visage de Stefan se détacher dans l’unique lumière des backstage, et quelques secondes plus tard, Bill, le jeune Steve, les nouveaux Nick et Fiona, et enfin, petit Brian suivi de grand Stef gagnent la scène pour entamer Kitty Litter, sous les applaudissements enjoués du public. La plupart des morceaux du prochain album nous sont présentés, agrémentés des quelques tubes habituels, tels que Special K ou Song To Say Goodbye. Au fond de la scène, un écran tout en largeur, mais bien trop bas pour y voir clairement, je n’y lirai rapidement qu’un GAME OVER. J’observe le jeune Steve avec beaucoup d’attention ; étrange sensation de le voir derrière les futs, à la place de son homonyme brun dont le sourire me manque. Il joue fort, très fort, avec beaucoup de fougue et d’empressement. Ça me faisait peur, mais finalement ça me plait, surtout sur les anciens morceaux, surtout sur Black-Eyed. Il n’y a que sur la douce Follow The Cops Back Home que son jeu me dérangera, dénaturant trop la chanson pour moi. Fiona, qu’on n’entend que très peu, alterne entre violons et divers instruments mais se retrouve souvent mains vides en attente ; elle remontera dans mon estime à la fin, avec son thérémine. Bill se fait discret, entre guitare et claviers, presque caché au fond de la scène, et le nouveau Nick me laisse plutôt une mauvaise impression. Stef, lui, reste étonnamment très réservé tout au long du concert, quant à Brian, c’est étrange de le voir d’aussi près. Il a pris un coup de vieux et bat le record du monde du nombre de grimaces en une minute lorsqu’il chante, mais il est souriant comme jamais et s’adresse même à nous à de multiples reprises, s’approchant même du bord de la scène deux ou trois fois.

J’aurai un coup de cœur pendant une intro où Brian et Stef se retrouvent à jouer face à face en se regardant, et je garde imprimées en tête quelques images empreintes de nostalgie, comme le regard de Brian croisant le mien à plusieurs reprises, ou son jeu de guitare mémorable. Mais leur set est loin de me convaincre, les nouveaux morceaux de m’emballer, et leur présence scénique de me suffire. Je m’ennuie et n’arrive pas à rentrer dans le concert. Brian se trouve à un mètre seulement, presque à portée de bras, et pourtant j’ai cette désagréable impression de ne pas voir Placebo en face de moi. Ce n’est peut-être pas totalement de leur faute, j’ai encore la tête en partie avec Ghinzu, et un certain esprit de jugement avec lequel je suis venue. Ils m’ont déçu, plusieurs fois, sur scène, mais jamais encore ils ne m’avaient autant empli de vide. Leur show très pro, trop carré, sans surprise et sans aucune prise de risque, me donnera même plusieurs fois envie d’aller finir le concert au fond de la salle. Je résiste et reste, espérant le déclic, de ma part ou bien du leur, mais je finis le concert en applaudissant seulement par politesse. Une fois tout le monde sorti de scène, le jeune Steve lance ses baguettes au milieu de la salle, s’approche du public et serre quelques mains avec un grand sourire, faisant naitre en moi un faible espoir, celui de le voir déteindre sur le reste du groupe, et de leur apporter le grain de folie qu’il leur manque.



Ghinzu

Mother Allegra
Mirror Mirror
Dream Maker
Cold Love
Take It Easy
The Dragster Wave
21st Century Crooners
Do You Read Me
Chocolate Tube
Kill The Surfers


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Placebo

Kitty Litter
Ashtray Heart
Battle For The Sun
For What It’s Worth
Black-Eyed
Speak In Tongues
Follow The Cops Back Home
Every You Every Me
Special Needs
The Never-ending Why
Happy You’re Gone
Special K
Song To Say Goodbye
- - -
Infra Red
The Bitter End
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Taste In Men